3. Les Méthodes de représentation et de modélisation
3.1. Décomposition d'un système
de Maintenance (Processus)
Pour
la modélisation des processus de maintenance, nous
présentons, à titre d’exemple, le schéma
d’un processus de maintenance corrective (Figure 1).
Ce processus est structuré en six modules : 1) Equipements,
2) défaillances, 3) Processus, 4) Activités,
5) Opérations et 6) Ressources.
Nous donnons une classification selon la nature des informations
techniques échangées entre les modules. Ces
informations sont : 1) le Dossier Machine, 2) les Documents
Techniques ''historique des défaillances, analyse AMDEC,
etc.'', 3) les Gammes de déroulement et les plannings
d’ordonnancement des tâches d’intervention,
4) les Procédures à suivre pour l’exécution
de ces interventions et 5) les Règles de décision
pour l’allocation des ressources.

Figure 1 : Décomposition
d'un processus de Maintenance
Module
‘’Equipement’’ :
Chaque équipement est caractérisé par
différents modes d’exploitation.
Nous pouvons classer ces modes de marche en trois familles
distinctes :
1- les modes de fonctionnement normaux,
2- les modes d’arrêt,
3- les modes de défaillance.
Dans
la première famille sont regroupés tous les
modes de fonctionnement normal, de marche, de préparation,
de vérification, de test et de clôture entreprises
avant ou après que le service ait été
rendu.
La seconde comprend tous les modes qui conduisent à
un arrêt du système pour des raisons extérieures:
arrêt en état initial, arrêt en fin de
cycle, arrêt dans un état déterminé.
Dans la troisième famille sont inclus tous les modes
conduisant à la perte du service (arrêt du système)
suite à l’apparition d’une défaillance.
On y trouve les modes suivants : arrêt d’urgence
entraînant l’arrêt du service si la défaillance
engendre des risques (matériels, humains, environnementaux),
marche dégradée entraînant ainsi une sous
productivité, diagnostic et/ou traitement des défaillances.
Module
‘’Défaillance’’ :
Une défaillance est « l’altération
ou la cessation de l’aptitude d’un ensemble à
accomplir sa ou ses fonctions requise(s) avec les performances
définies dans les spécifications techniques
». Un ensemble est défaillant si ses capacités
fonctionnelles sont interrompues (panne ou arrêt volontaire
par action d’un système interne de protection
ou une procédure manuelle équivalente). Dans
le cas d’une dégradation sans perte totale de
la fonction, on considère qu’il s’agit
d’une défaillance si sa performance tombe en
dessous d’un seuil défini, lorsqu’un tel
seuil minimum est contenu dans les spécifications fonctionnelles
du matériel.
La décomposition fonctionnelle
La décomposition fonctionnelle peut être décrite
sous la forme d’une représentation descendante.
Pour chaque fonction principale (niveau 0) réalisée
par un système on identifie les fonctions de niveau
inférieur (niveau –1) en utilisant éventuellement
des symboles logiques « et »
et « ou » pour prendre en compte
les redondances éventuelles. On identifie également
les modes de défaillance associés à la
fonction de niveau 0. Parallèlement à cet arbre
fonctionnel, on représente au niveau 0 les groupements
de matériels qui accomplissent les fonctions principales.
A chaque niveau de décomposition il est impératif
d’identifier les modes de défaillances associés.
Le dernier niveau donnera les causes physiques. Un avantage
incontestable de la représentation fonctionnelle arborescente
est de clarifier les notions de défaillance fonctionnelle,
de modes de défaillance et de cause de défaillance.
La figure 2 explique le cheminement d’une défaillance
affectant un composant élémentaire dans une
décomposition fonctionnelle à 4 niveaux. En
prenant comme postulat de départ que la cause de défaillance
engendre un effet physique mesurable constaté sur le
composant matériel (érosion, rupture, fissuration,
etc.), la cause physique de la défaillance va se répercuter
fonctionnellement sur la fonction de niveau –3. Les
conséquences de cette cause de défaillance peuvent
induire la perte de la fonction. Cette perte de la fonction
sera observable par ses modes de défaillance spécifiques
à la fonction de niveau –3.
En remontant les événements, il est ainsi possible
de modéliser toutes les relations de cause à
effet. Les arbres fonctionnels présentent des avantages
indiscutables pour faciliter la recherche des liens entre
les causes et les effets de défaillances. Ces défaillances,
compte tenu de leurs manifestations, de leurs effets et de
leurs conséquences ont fait l’objet de plusieurs
classifications.

Figure
2: Cheminement d’une défaillance et ses conséquences
Typologie
des défaillances
Le tableau 1 donne une liste non exhaustive des défaillances
génériques susceptibles d’être rencontrées
sur des matériels industriels.

Tableau
1: La liste des défaillances génériques
(AFNOR)
Une
lecture attentive du contenu de ce tableau conduit au constat
que l’on y trouve à la fois des défaillances
matérielles (ex : fuite) et des défaillances
fonctionnelles (ex : ne démarre pas). De plus en plus,
la maintenance basée sur la fiabilité et Les
AMDEC fonctionnelles ne font appel qu’aux défaillances
fonctionnelles
Classification des défaillances
Les défaillances énumérées dans
le tableau 1 peuvent faire l’objet d’une classification
selon plusieurs critères. Le tableau 2 donne les types
de défaillances en fonction des critères retenus.

Tableau
2 : La classification des défaillances
Description
du module ‘’Processus Maintenance’’
Nous examinons ci-dessous les activités liées
au processus de déclenchement d’une intervention
du type maintenance curative.
Ces activités sont liées au processus de maintenance,
du type autonome et/ou commandée. Contrairement aux
activités de production, ce ne sont pas nécessairement
des activités de transformation de produits mais des
activités ayant pour but de maintenir un équipement
en bon état de fonctionnement.
Les
activités
Les différentes activités associées au
processus de maintenance sont dans leur majorité des
activités de service. Nous traitons le cas de la maintenance
curative, donc l’ensemble des tâches à
accomplir suite à une panne machine.
Ce processus est déclenché par une demande d’intervention
adressée par le service production au service maintenance.
Dans ce cadre, nous distinguons différents types d’activités
de surveillance :
* Réaliser l’acquisition des données
/ informations de surveillance : activité permettant
de capter des informations sur l’état du système
sous surveillance. Cette activité d’acquisition
des informations est constituée du relevé des
signaux et de l’acquisition des données et paramètres
définissant l’état actuel de l’équipement
sous surveillance. Cette opération est obtenue au moyen
de capteurs adaptés aux types d’information que
l’on souhaite acquérir.
* Filtrage des données : elle consiste à
extraire, des données acquises, les paramètres
ou les informations significatifs de l’état du
système,
* Détecter la défaillance : activité
qui, au travers des informations de surveillance associées
à un composant, permet de détecter un fonctionnement
anormal de la fonction opératoire ou du composant considéré.
Elle consiste à comparer l’état courant
du système avec un état désiré
prédéterminé. La détection d’un
état anormal fournit des symptômes qui constituent
les données d’entrée de l’opération
suivante : la localisation. Cette étape de détection
peut être basée sur l’établissement
des seuils et des tests relatifs aux paramètres issus
de l’étape de filtrage des données mais
est néanmoins sous-tendue par une analyse statistique
reposant sur une période d’apprentissage.
* Localiser la défaillance : permet de situer
le composant à l’origine de la défaillance
ou de la dégradation,
* Diagnostiquer la défaillance : il doit fournir
la cause première de la défaillance ou la dégradation
du composant.
Le diagnostic consiste à analyser les symptômes
suivant des stratégies systématiques de localisation
des défauts et à déterminer le type,
la cause et le degré de gravité de celui-ci.
Le diagnostic d’un équipement (machine) défaillant
consiste à faire une comparaison entre son mode de
fonctionnement normal et à l’état défaillant.
L’activité du diagnostic peut être parfois
associée à une activité de pronostic
qui vise à analyser les dérivent d’état
des éléments de la machine, à établir
leurs causes et à déterminer le temps de fonctionnement
correct qui subsiste avant la défaillance des éléments
défectueux, ceci en vue de la planification d’une
intervention préventive ; le diagnostic repose soit
sur une connaissance a priori des lois d’évolution
des phénomènes de vieillissement, soit sur une
phase d’apprentissage,
* Correction de la défaillance : suivant le
type, la gravité de la défaillance ou les ressources
de maintenance disponibles on choisira une action corrective
adaptée, par exemple, basculement sur un élément
redondant, mode dégradé, maintenance …
Cette activité a un double objectif : tout d’abord,
permettre à un concepteur de sélectionner le
mode de correction qu’il souhaite mettre en place pour
réagir à l’apparition des défaillances
ou des dégradations ; ensuite, corriger le problème
rencontré.
* Informer l’opérateur : activité
liée à la précédente et en particulier
au mode de correction qui a été choisi.
Elle a pour objectif :
· d’attirer l’attention de l’opérateur
sur l’apparition d’un fonctionnement anormal d’un
composant,
· de prévenir l’opérateur qu’une
action de correction a été entreprise automatiquement
ou qu’il doit participer à sa réalisation.
Dans le cas où c’est une action de maintenance
qui doit être entreprise, il est également nécessaire
de prévenir l’opérateur des tâches
qu’il doit réaliser (de façon autonome
ou avec l’aide d’un agent de maintenance).
Le
métamodèle suivant (Figure 3) modélise
l'ensemble des concepts et des relations inter-concepts utilisés
pour modéliser le processus de la maintenance corrective.

Figure 3 : Le métamodèle
du processus de Maintenance
3.2. Décomposition d'un Système Automatisé
de Production
Représentation
d'un système automatisé
Chaque
système automatisé comporte trois parties :
*
Une partie opérative (PO)
matérialisée par les actionneurs (moteurs, pompes
verins, ...) agissant sur le processus automatisé
*
Une partie commande (PC) qui coordonne
(pilote) les différentes actions de la partie opérative
(transmission de consignes, dialogue avec inter machine, entre
l'homme et la machine, avec l'environnement de la machine).
*
Une partie animation (PA) qui est constituée
essentiellement de composants jouant le rôle aussi bien
de la partie commande que celui de la partie opérative
(distributeurs, relais).
Il
est évident que chaque système de production
automatisée est décomposable en 3 parties :
opérative, commande et animation.
Définition
et rôle d'un système technique
Un
système technique est un ensemble d'éléments
organisés en fonction d'un but : exercer une activité
sur une des matières d'oeuvre pour satisfaire un besoin.
On
dit que le système remplit une fonction d'ausage en
produisant une valeur ajoutée. Celle-ci réside
dans la production d'un bien ou d'un service
Il
est possible de définir le système par des fonctions
reliées entre-elles par des contraintes. Les fonctions
réalisent grâce à des moyens techniques
des activités qui opèrent sur les entrées.
Les contraintes sont des interfaces qui véhiculent
les grandeurs physiques prises en compte par les fonctions.
Ces grandeurs physiques caractérisent les matières
d'oeuvre qui circulent au sein du système (produit,
énergie, informations).
3.3. Décomposition d'un Mécanisme
On
peut décomposer un mécanisme en sous-ensembles de pièces qui
n'ont pas de mouvement entre elles. Chaque sous-ensemble constituera
une classe d'équivalence : Une pièce ne peut-être que dans
une et une seule classe, et l'ensemble des classes d'équivalences
forme l'ensemble du mécanisme.
Une
classe d'équivalence est un groupe de pièces
n'ayant aucun mouvement relatif les unes par rapport aux autres
pour une phase de fonctionnement donnée. Il est très
important de savoir dans quelle phase on se situe. En effet,
dans une phase de réglage, les mobilités du
mécanisme sont plus nombreuses que lors d'une phase
d'utilisation. Le nombre de classes d'équivalences
sera donc plus élevé.
La
recherche des classes d'équivalence passe par la localisation
de toutes les liaisons encastrement (liaisons complètes)
réalisées à l'intérieur du mécanisme
pour la phase de fonctionnement étudiée.
La
représentation (schématisation) d'un mécanisme
sous forme de schéma cinématique minimal nécessite
l'identification des pièces cinématiquement
liées (classes d'équivalences). Sur le schéma,
chaque classe sera représentée par une et une
seule pièce représentative de toutes les pièce
de la même classe d'équivalence.
On
peut repérer ces classes par coloriage sur le dessin d'ensemble,
en affectant une couleur par classe : les pièces de la même
couleur appartiendront à la même classe, c'est à dire n'auront
pas de mouvement relatif entre-elles.
Deux
pièces quelconques sur un schéma cinématique
doivent avoir au moin un degrès de liberté entre-elle,
constituant, avec toutes les autres pièces, les différentes
liaisons mécaniques qui définissent le degré
d'hyperstaticité ou de liberté du mécanisme
étudié.
-
A chaque type de liaison mécanique, on peut lui associer
le torseur cinématique correspondant caractérisé
par un nombre de degrés de libertés ou de mobilités
: ''rotation (s) ou / et translation (s)''
-
A chaque type de liaison mécanique, on peut lui associer
le torseur transmissible correspondant, caractérisé
par le nombre de degrés de liaison (s).
-
Les deux torseurs sont complémentaires : les éléments
non nuls dans l'un sont nuls dans l'autre.

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Auteur
: Pr. A.
TALBI
Date
de la dernière mise à jour : 11 septembre 2005

Université
Sidi Mohamed Ben Abdellah - Ecole Supérieure de Technologie
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